Directeur départemental d'une fédération associative de développement local

DEA (bac+5), promotion 1993-1994

Quelles étaient tes idées de métier ?

J'ai toujours aimé... l'histoire ! C'est comme cela qu'après un bac B (ES aujourd'hui) obtenu en 1987, je me suis inscrit à l'Université de Nantes pour suivre sur les bancs de la fac de Lettres et Sciences Humaines et Sociales, la première année d'Histoire et Géographie (à l'époque la L1 était commune aux 2 disciplines).  Petit à petit mon intérêt s'est porté sur la géographie et l'aménagement qui offraient, de mon point de  vue, davantage de possibilités pour une carrière future, notamment du côté de la géographie sociale et du développement local.

J'avançais sans vraiment savoir précisément quel métier je souhaitais faire ; je me disais que j'avais le temps :-) ! Issu moi-même du milieu rural du sud de la Loire-Atlantique, je me suis orienté par intérêt vers l'aménagement rural. Je prenais les années les unes après les autres, je n'avais pas de plan très précis. Une chose est sûre : je me suis bien senti très bien à l'IGARUN.

Comment s'est passée ta Licence Géographie ?

Je garde un super souvenir des années à l'université. En licence (3 années), on met en oeuvre une autre façon d'apprendre et de travailler qu'au lycée, on découvre les premiers rudiments de la recherche et du travail de terrain. On découvre l'autonomie, la liberté. ça veut dire aussi assumer ses choix, décider par soi-même de prendre au sérieux ses études, envisager son entrée dans la vie active.

Je n'oublie pas non plus le côté convivial et festif de la vie étudiante, les rencontres et les amitiés ! Ce sont vraiment de très bonnes années...

Comment t'es-tu orienté en Master ?

Après ma licence « aménagement » (L3) en 1990, j'étais motivé pour un bac+5 pour aller vers des postes à responsabilités. J'envisageais deux possibilités dans mon esprit : aller vers un Master professionnel (bac+5) ou tenter d'atteindre le Doctorat (bac+8) pour l'intérêt d'une carrière dans la recherche. J'ai donc poursuivi en maîtrise (actuel M1), puis en DEA (actuel M2 recherche) obtenu en 1994 avec un thème de recherche portant sur le vignoble nantais : « l'émergence des grands domaines viticoles du vignoble de Sèvre et-Maine ». Je me suis arrêté là, je n'avais pas l'esprit assez pointu pour tenter un Doctorat.

Les années de master ont été très enrichissantes. Le format de la Maîtrise (M1) et du DEA (M2) était très allégé en cours en salle, et très orienté vers des recherches sur le terrain, des possibilités de stage, des mises en situation professionnelle. Cela m'a donné la possibilité de travailler dans des organismes en lien avec le cursus géographie et aménagement : cabinet d'études de tourisme social ou d'aménagement urbain, union régional des HLM, Chambre d'Agriculture. Cela m'a permis d'associer à la fois apprentissages, recherche, mise en pratique et a constitué pour moi un bon complément à la formation universitaire, des expériences valorisantes sur mon CV.

Quel a été ensuite ton parcours professionnel ?

Après le DEA et une année comme agent de développement à la Chambre d'Agriculture de Loire Atlantique.

J'ai intégré en 1994 la fédération départementale Familles Rurales du Maine-et-Loire à Angers. J'ai été recruté d'abord comme chargé de missions pour le développement d'un projet de centre social sur deux cantons des Mauges dans le Maine-et-Loire.

Familles Rurales, mouvement d'éducation populaire, est un réseau d'associations locales fortement implanté dans l'Ouest de la France (150 associations dans le Maine-et-Loire), en particulier dans les communes du milieu rural et périurbain. Le but est de répondre aux besoins et attentes de la population par la mise en œuvre d'activités et de services en impliquant les habitants eux-mêmes : structures petite enfance, centres de loisirs, restaurants et transport scolaires, activités culturelles et de loisirs, circuit cinéma itinérant, actions d'entraide et de solidarité etc... Le premier niveau du développement social local, pour et avec les acteurs locaux dans les territoires ruraux (familles, élus, institutions...).

Puis je suis devenu le directeur de la fédération départementale du Maine-et-Loire. je manage une équipe de plus de 25 personnes, dont une dizaine de chargés de missions qui accompagnent les responsables bénévoles des associations : pilotage associatif, animation de réunions, montage de projet, partenariats, recherche de subventions, ingénierie de formation...

La géographie et l'aménagement : c'est utile dans ton métier ?

Dans mon métier, la formation en géographie et aménagement m'est utile chaque jour ! Pour analyser et synthétiser les enjeux dans les territoires ; pour connaître et comprendre les données importantes du développement local ; pour définir une stratégie ; pour la méthodologie de projet ; pour cartographier le réseau ; etc... Par exemple en ce moment, l'enjeu de notre réseau associatif, c'est de s'adapter à la réforme territoriale des communes, intercommunalités et départements. Ces collectivités territoriales sont nos interlocuteurs et s'ils se transforment, nous devons le prendre en considération.

Conseilles-tu ton métier aux étudiants actuels de géographie ?

C'est un métier impliquant de nombreux contacts à tous les niveaux : des bénévoles jusqu'aux élus de tous les échelons, en passant par les administrations, les financeurs, les partenaires des programmes européens Leader, Feader etc... C'est un métier de dialogue, de contact, de réseau. C'est très varié, très riche humainement.

Mon métier est passionnant et très valorisant car il est porté par des valeurs humanistes très positives. Je me sens vraiment au service des habitants et du développement des territoires.