Hoël C., cartographe-géomaticien, Direction des Affaires Foncières de Polynésie

Peux-tu nous raconter ton parcours d’études ?

En 2012, après l’obtention de mon bac scientifique en Guyane, j’ai tenté plusieurs licences successivement. D’abord une licence en physique-chimie à l’université de Guyane, puis, lorsqu’une opportunité s’est présentée de partir plus loin, une licence en S.V.T. à l’université de Polynésie française. Ces licences n’ont pas abouti et ne me passionnaient pas plus que ça. Je me suis ensuite inscrit en licence Histoire-Géographie, toujours en Polynésie, où l’intérêt et la curiosité ont tout de suite pris le pas. J’ai enchaîné les trois années en me spécialisant en géographie dès la deuxième année. J’y ai appris les bases de l’aménagement, de la géomorphologie et de la géomatique, pour ne citer que ces domaines, en parallèle avec l’histoire, de l’Antiquité européenne à l’époque contemporaine, en passant par les peuplements océaniens successifs.

En 2017, une fois ma licence obtenue, je suis parti pour un master M.E.E.F. à l’université de Bordeaux Montaigne. Même si l’exercice de l’enseignement est un domaine de compétence qui m’a intéressé, le concours en lui-même fut d’un ennui absolu. Ce qui m’amène en 2019 où, durant une énième recherche de réorientation, je suis tombé sur le master GAED de l’université de Nantes. J’y ai candidaté et j’ai eu la chance d’intégrer ce cursus.

Durant ce master, j’ai aiguisé mes connaissances en géomatique tout en découvrant d’autres champs d’application du métier de cartographe, allant de l’aménagement à la prévention des risques. C’est en me spécialisant dans la cartographie des espaces à risques que j’ai développé les compétences qui, aujourd’hui, me servent au quotidien. Enfin, j’ai validé mes études par un stage au CNRS en Guyane, où j’ai étudié l’évolution de la répartition des mangroves sur la côte entre les fleuves Sinnamary et Saint-Laurent de 1950 à 2020, en me basant sur des images aériennes et satellitaires, archivées ou récentes. Ce dernier stage a fini de me convaincre que la cartographie pouvait répondre à un large éventail de métiers et de besoins.

Quelle fonction occupes-tu ?

Aujourd’hui, je suis cartographe géomaticien en charge du système d’information domaniale à la Direction des Affaires Foncières en Polynésie. C’est une entité publique au service du gouvernement local, en charge notamment du cadastre et des occupations sur le domaine public. J’ai un rôle de support au service du Domaine, où je suis sollicité pour l’administration de la base de données de gestion domaniale, la création ou l’édition de cartes à la demande pour la direction ou les différents ministères locaux, ainsi que la recherche de terres disponibles pour les porteurs de projets publics ou privés en quête de foncier pour y installer leurs activités.

Qu’est-ce qui te plaît dans ce métier ?

Bien que ce soit un métier de bureau administratif, je suis constamment poussé à l’amélioration et à l’actualisation de mes compétences, notamment sur les logiciels ESRI récents ou sur les dernières versions de QGIS. Mon rôle me permet aussi de toucher à des problématiques variées et de participer à la gestion d’un domaine aussi étendu que l’Europe.

Avec le recul, comment vois-tu ta formation universitaire ?

Cette formation s’est déroulée dans un contexte sanitaire mondial particulier, ce qui a engendré son lot de stress et de tensions. Mais je considère cette période comme charnière dans ma vie. 

Aujourd’hui, je sais ce qui me plaît et ce qui ne me plaît pas. Je sais aussi que, grâce à cette formation, je suis pleinement capable d’assumer des responsabilités variées, que ce soit dans la recherche, l’administration publique, l’aménagement du territoire ou la prévention des risques. Cette gamme de compétences que j’ai acquises tout au long du master me permet d’ouvrir mes horizons à des possibilités qui, en licence, m’étaient complètement inconnues.

Mis à jour le 13 mars 2025.